Sérent. La maison Le Gal fête ses 40 ans

 

Pousser la porte du magasin le Gal de Sérent, c’est un peu comme déguster une Madeleine de Proust. Des voilages, des rouleaux de tissus, des oreillers, des parures de lits envahissent presque tout l’espace. On se retrouve plongé loin dans le passé. L’époque où le dimanche on tendait la nappe blanche parfois brodée pour installer la belle vaisselle, théatralisant le sacro-saint repas familial du dimanche. Le temps où le cadeau de mariage, c’étaient le linge de maison inusable… Une bouffée de nostalgie que vient vite balayer le grand sourire de Stéphanie, toute heureuse du succès de sa petite entreprise. Et il y en a une autre qui est fière du parcours de Stéphanie, c’est sa grand-mère Marie-Thérèse. Et pour cause, Stéphanie a repris la succession de son aieulle. C’est l’histoire d’un passage de témoin heureux…

“Dans le temps…”, comme le veut l’expression consacrée, c’est une menuiserie qui était implantée là, dans la rue principale de Sérent qu’exploitait un ancien maire de Sérent. L’atelier produisait des meubles mais avait aussi une petite boutique où l’on vendait des rideaux, complément indispensable du mobilier d’intérieur. En août 1977, le menuisier prend sa retraite et c’est l’une de ses employés qui décide de le reprendre. Marie-Thérèse Le Gal prend donc les commandes de la boutique et oriente résolument son activité vers sa passion : le linge de maison mais surtout les voilages et surtout elle a l’idée de développer le “sur-mesure”. Un créneau qui se révèle porteur et pérennise l’activité de la maison Le Gal. Les années passent et souvent, MarieThérèse a dans ses jupons une fillette qui dès que l’école est finie, vient s’immerger dans l’activité du commerce. C’est Stéphanie, sa petite-fille qui bientôt, n’a plus qu’un rêve : suivre l’exemple de sa grand-mère. Une détermination si forte que la jeune fille s’engage dans une formation de tapissier au lycée des métiers d’art d’Auray et décroche son diplôme après trois ans d’études.

En 2000, Marie-Thérèse prend sa retraite et Stéphanie reprend la flambeau. “C’est une fierté pour moi d’avoir pu transmettre le commerce à ma petite-fille ce qui a sans doute évité sa disparition…”, sourit Marie-Thérèse qui n’est jamais bien loin. On ne change pas une formule qui gagne… Stéphanie a bien compris la force de cet adage et s’est donc attachée à poursuivre la voie entamée par sa grand-mère et notamment le “sur-mesure”. Elle se déplace chez ses clients prend les dimensions des fenêtres, calcule celles des rideaux et assure la pose de l’ensemble. “C’est grâce à des services comme ça qu’un petit commerce peut tenir…”, analyse Stéphanie qui imprime aussi sa marque sur la maison Le Gal.

Elle ouvre un atelier à l’arrière de la boutique, informatise ses activités et prend la résolution de se concentrer sur une stratégie : se spécialiser sur le “fabriqué en France”. Une volonté qui rejoint celle de certains fabriquants français lesquels moyennant l’engagement de leurs revendeurs renoncent à délocaliser leur fabrication. C’est pour ça que des marques telles que la Toile des Vosges existent toujours dans l’hexagone et sont présentes sur les étagères de la Maison Le Gal. “A l’époque, on en parlait beaucoup, mais le pari n’était pas évident. Aujourd’hui, c’est vraiment un choix qui valorise notre image de marque…”, détaille Stéphanie qui voit au fil des mois, s’élargir sa clientèle. Les jeunes poussent désormais la porte d’une boutique où ils savent pouvoir trouver le produit de qualité ou le cadeau original. Des draps housses à la bonne taille, la belle nappe, le paréo et le turban sortie de douche propice au cocooning…

En 2017, la maison Le Gal souffle les 40 ans d’une existence bien rangée, performante mais discrète et totalement enracinée dans son tissu local.

 


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