Irrigation des légumes : il faut créer 100 000 m3 de réserve d'eau par an

De gauche à droite, Jean-Marc Galland, nouveau secrétaire général de la préfecture du Morbihan, Jean-François Savy, préfet, Laurent Kerlir, président de la chambre d'agriculture, Serge Le Bartz, vice-président de l'UOPLI, signe le schéma de développement de l'irrigation des légumes
De gauche à droite, Jean-Marc Galland, nouveau secrétaire général de la préfecture du Morbihan, Jean-François Savy, préfet, Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture, Serge Le Bartz, vice-président de l’UOPLI, signe le schéma de développement de l’irrigation des légumes

La Bretagne, terre d’élevage… Oui, mais pas seulement. on le sait moins, mais le Morbihan est le premier département français pour la production de légumes surgelés ou appertisés (ndlr : ce qu’on appelle aussi en langage courant la stérilisation). “Je sais l’importance de cette filière pour le Morbihan. Nous avons cinq unités de transformation dans le département et cette filière est créatrice d’emplois…”, soulignait ce lundi après-midi le Préfet du Morbihan, Jean-François Savy avant de signer un document important pour le devenir de cette filière, le schéma directeur de développement de l’irrigation des légumes.

“Pour faire pousser des légumes, il faut de la terre et de l’eau…”, résume le préfet  qui constate que dans le Morbihan on manque parfois d’eau. Or un déficit en eau de quelques jours seulement suffit à rendre des haricots verts impropres à la consommation, à réduire les rendements… Seule l’irrigation permet de réguler l’alimentation en eau des cultures légumières ou maraichères. “J’ai fait de ce dossier une priorité dès 2011. Il fallait relancer le dossier de l’irrigation, en prévoyant la réalisation de retenues, tous les ans”, rappelle le préfet. Un sujet sensible qui a nécessité de longues concertations, notamment avec les syndicats de gestion des eaux où les pêcheurs. Finalement tout cela a débouché sur la mise en place d’un schéma directeur de développement de l’irrigation des légumes en Morbihan. L’objectif de ce document est de développer la part des surfaces irriguées pour “sécuriser la filière de production des légumes tout en préservant la ressource en eau et les milieux aquatiques”. Cet objectif passe par un stade très concret qui prévoit de créer des réserves d’eau de 100 000 m3 par an d’ici 2020, soit 4 à 5 plans d’eau de 20 à 25 000 m3 par an. Pour préserver les milieux aquatiques il est par exemple e,envisagé de créer ces réserves dans des “zones humides non fonctionnelles” (d’anciennes zones humides cultivées et drainées dont les matériaux permettent d’étanchéifier le plan d’eau). Quand au remplissage de ces réserves elle se fera essentiellement par les eaux de ruissellement des périodes excédentaires (surtout l’hiver), voire si nécessaire par des pompages dans les ruisseaux, mais dans des conditions très restrictives afin de ne pas faire peser une pression trop forte sur ces ruisseaux.

Le département du Morbihan n’est pas dans une situation aussi préoccupante que d’autres régions française sur le plan pluviométrique. “On est plutôt dans une bonne année en ce qui concerne la pluie, mais nous avons traversé plusieurs années difficiles (2003, 2005, 2011)”, constate Laurent Kerlir, le président de la chambre d’agriculture. Ce schéma permet donc d’intervenir pour gommer les effets néfastes des périodes sèches, mais intervient plutôt à la marge. Ceci étant il permet aussi de sécuriser la production et donc de rester compétitif face à la concurrence de certaines régions (Picardie, Sud-ouest..) ou pays étrangers (Belgique, Pays-Bas), estime Laurent Kerlir. “Nous avons des contrats avec des industriels et il faut les respecter si on veut rester compétitifs. Or les légumes sont des végétaux à cycle végétatif court. Le manque d’eau à un impact qualitatif et quantitatifs…”, analyse Serge Le Bartz, vice-président de l’union des organisations de producteurs de légumes à destination industrielle de Bretagne (UOPLI).

 

La “céréalisation” menace la Bretagne

Et si, un jour, la principale production de la Bretagne, c’était les céréales? C’est une perspective que n’écarte pas le président de la chambre d’agriculture qui avoue s’en inquiéter. “C’est beaucoup plus simple de produire des céréales que des légumes par exemple”, constate ce dernier, qui note aussi une très forte tendance à la disparition des élevages au profit des surfaces céréalières. “Je suis installé près de Lorient et ce phénomène est très perceptible, au fur et à mesure des départs en retraite…”, précise-t-il. Une tendance qui semble même plus forte dans le Morbihan que dans d’autres régions de France. Là encore, la simplicité de la culture des céréales incite les repreneurs à choisir cette voie…

Les légumes en chiffres

13 à 14 000 ha, c’est la surface occupée par les légumes “industriels” (épinards, petits pois, flageolets, haricots) dans le Morbihan soit 50 % de la production bretonne

900 exploitations sont concernés par cette filière dont 300 irrigants

1000 ha pour 90 producteurs, c’est la place de la production de plants de pommes de terre qui s’est développée dans le Morbihan

200 exploitations se consacrent à l’activité de maraîchage qui se répartis sur tout le département

10 unités de transformations sont implantées en Bretagne dont la moitié (5) dans le Morbihan. Elles représentants 2100 emplois

110 000 m3 de plan d’eau d’irrigation ont été créés en 7 ans, un chiffre qui correspond aux besoins annuels de cette culture


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