Sérent. Emplois, investissements… comment Celvia (ex-Doux) renoue avec la croissance

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C’était il y a à peine plus de deux ans. Le 11 septembre 2012 l’entreprise Doux de Sérent en pleine tourmente, entrait dans le giron de  la société Celvia et du groupe LDC. Une période tragique pour les salariés qui pouvait légitimement s’inquiéter de l’avenir. Il y a hélas peu d’exemple de ce type d’accident industriel et de reprise qui se terminent par un succès tonitruant.

C’est pourtant le cas de la société Celvia qui aujourd’hui peut se targuer d’un redressement spectaculaire mais encore plus, d’avoir retrouvé les rails de la croissance. Pour tout dire, c’était un vrai régal d’entendre, vendredi soir, le directeur du site de Sérent dresser le bilan de ces deux années de transition. Ce bilan, il a choisi de le faire à un moment symbolique, celui de la remise de médailles du travail aux salariés.

Augmentation de la production, résultats d’exploitation dans le vert, investissements, et en plus des emplois… C’est à se pincer pour y croire. Voyons dans le détails les éléments de cette équation.

Bastien Marty, le directeur de l'usine de Sérent
Bastien Marty, le directeur de l’usine de Sérent

“Des changements sont intervenus dans ces deux dernières années et se sont accélérés depuis notre dernière cérémonie, ici même, l’année dernière”, prévient Basien Marty, le directeur du site. Ainsi au niveau de l’activité, le site est passé à une production de 100 à 125 000 poulets abattus et découpés par semaine en avril dernier. “Etant donné le poids vif des poulets (3,2 kg) cela représente plus de tonnage abattu que lors des dernières années Doux”, constate bastien Marty.

Diversification des réseaux. Sur le plan commercial, l’entreprise s’est montrée très active, en investissant par exemple dans le désossage automatique de hauts de cuisses, ce qui valorise les produits. “Même  si le projet du site reste bien de livrer les clients industriels, qu’ils soient du groupe ou extérieurs, nous avons également diversifié et développé nos autres réseaux commerciaux”, indique Bastien Marty. Des cibles nouvelles qui sont les grossistes, le réseau des restaurants et collectivités mais aussi le réseau “traditionnel” des boucheries et qui permettent “une meilleure affectation des produits”.

Amélioration des résultats financiers. Diversification des produits, des clients se traduisent par une augmentation de la valeur et des prix de vente des produits et cela se traduit dans les comptes. “Les résultats financiers sont passés durablement dans le vert depuis le début de l’année”, annonce le directeur. Un résultat qui découle aussi de la baisse du prix d’achat des poulets vivants consécutive à une baisse du prix des céréales. C’est évidemment un élément qui peut évoluer dans l’autre sens. Mais “l’amélioration de la génétique des souches de poulets” (ndlr : ce travail permettrait d’augmenter de 30% la masse de “blanc” des poulets), apparaît comme un élément structurant fort et durable de l’amélioration des résultats de l’entreprise auquel s’en ajoute un autre qui, selon Bastien Marty est un élément déterminant de cette réussite “l’engagement et le travail quotidien des équipes”.

Des investissements lourds et stratégiques. Et voila donc le fameux “cercle vertueux” qui se met en place. L’amélioration des marges de manoeuvre financières de l’entreprise lui permet d’investir lourdement “près de 6 millions d’euros injectés en 2014”, calcule Bastien Marty. Et ces investissement vont générer et des économies et une amélioration de la production. Une nouvelle salle des machines de production de froid avec récupération d’énergie par un système de pompes à chaleur a été mise en place. Les vieilles chaudières à fioul lourd datant de 1960 vont être éliminées. Cela va permettre à l’entreprise de se mettre aux normes (l’ancien fluide frigorifique est aujourd’hui interdit) mais aussi de réduire de 30 % sa facture énergétique. D’autre part un nouveau système de ressuage va permettre d’améliorer le refroidissement des poulets tout en réduisant très sensiblement les postes de manutention les plus pénibles de l’usine. “C’est surtout un des goulets de capacité de l’usine qui saute puisque notre nouveau ressuage est dimensionné pour refroidir 6000 poulets par heure alors que nous n’en découpons actuellement que 3000 par heure…”, insiste Bastien Marty.

Créations d’emplois. “On se réjouit de ces résultats, de ces projets. En terme d’emplois, on revient aux chiffres d’avant la reprise et on est content de voir que les salariés s’investissent dans leur usine…”, commente Alain Marchal, le maire de Sérent. Et ce dernier a de quoi se réjouir puisque le nombre de CDI est passé de 60 lors de la reprise de Doux en 2012 à 83 aujourd’hui “et nous avons respecté notre promesse de réembauche prioritaire des ex-Doux”, souligne Bastien Marty. Mais si on ajoute à ces  CDI les CDD et les interims, “ce sont 135 personnes qui travaillent actuellement chaque semaine dans l’usine de Sérent”, ajoute-t-il…

Et l’avenir? On voit bien que les investissements réalisés mettent l’usine dans une configuration de développement. L’objectif de l’entreprise semble être de rivaliser avec une concurrence mondiale mais surtout venue d’Europe du nord. “Il reste beaucoup de travail à faire pour rendre l’usine encore plus performante, mais nous sommes sur la bonne voie”, conclut Bastien Marty qui associe “le savoir-faire et la qualité de travail” des salriés à cette réussite.

 

 


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