Missiriac. Pourquoi le bar-tabac risque de disparaître

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C’est une véritable mobilisation générale qui se met en place pour sauver l’un des seuls commerces encore en activité de Missiriac. Il s’agit du bar-tabac le “ty casa”, situé en plein centre bourg. C’est un cas exemplaire de la désertification commerciale, ce mal qui ronge nos communes rurales et que rien ne semble devoir enrayer. Et pourtant ce phénomène fait partie des priorités affichées par le Pays de Ploërmel, lequel peut bénéficier de fonds européens.

Mais il y a un fossé entre les études théoriques, les déclarations de bonnes intentions et la réalité du terrain. Une réalité impitoyable à laquelle est confrontée Muriel Vaucoret, la gérante du “Ty casa”. Mais beaucoup de commerçants en zone rurale se reconnaitront dans son exemple. Elle a repris ce commerce qui était fermé, il y a 6 ans. Originaire de la commune elle avait l’intention de redonner vie à son village en relançant ce commerce. Et c’est ce qui c’est passé. Dès qu’il a de nouveau ouvert ses portes, le café-tabac a retrouvé son rôle de carrefour social de la commune. “J’ai vu arriver des gens qui ne s’étaient pas revu depuis que le café avait fermé…”, raconte Muriel. Et peu à peu, c’est toute une vie locale qui s’est trouvée relancée. “Ici, c’est le point de rencontre de toutes les générations. C’est là où les habitants de Missiriac ou de Caro se croisent en venant chercher leur tabac. Certains viennent en vélo juste pour chercher leur journal  et ils en profitent pour discuter avec leurs copains”, décrit Muriel. Le Ty casa, c’est aussi le point de ralliement des associations locales en premier lieu le foot et le basket, l’endroit où l’hiver, le dimanche soir, on se réchauffe en refaisant le match. C’est là que les jeunes se retrouvent avant de partir en soirée et le lendemain matin pour le dernier café-crème… Bref, le café du village, c’est la vie de nos campagnes. Avec une particularité à Missiriac, c’est l’attrait qu’offre le bistrot et son immense place qui se remplit tous les mercredis soir de l’été à l’occasion du P’tit marché.

Et pourtant le café pourrait disparaître à tout jamais en dépit de ses atouts. Car Muriel après six années passées à la tête de l’établissement veut s’engager dans un nouveau projet et elle a besoin pour cela de céder son affaire. Elle a d’abord fait appel à des agences sans la moindre visite, puis elle a déposé une annonce sur le Bon coin qui lui a valu des contacts des visites et des dossiers montés, mais toujours rien de concrêt. Il y a quelques semaines, elle expose son problème au maire, Jean-Yves Laly qui active alors les services spécialisés de la CCVOL qui sont en train de mettre en place une stratégie de mise en valeur de ce commerce qui cumule les atouts. Bar, tabac, jeux à gratter, dépôt de pain, de journaux, vente de confiseries, snack… il offre également des perspectives de développement notamment en ce qui concerne la restauration. Il dispose d’un logement qui a besoin d’un coup de neuf. Sa salle et sa cuisine sont en parfait état et aux normes réglementaires et au coeur d’un village qui bénéficie d’une forte réputation en matière de qualité de vie et de défense de l’environnement, il y a sans doute une formule attractive à imaginer. Des projets de développement de circuits valorisant le fleurissement sont susceptibles à terme d’attirer les amateurs de tourisme vert. En plus, son prix de vente est très intéressant.

Alors, finalement, qu’est ce qui bloque les repreneurs potentiels. “Ce sont surtout les réticences des banques qui souvent font échouer les dossiers…”, explique Muriel. Une ritournelle qui revient fréquemment dans ce type de dossier. La situation est donc pour l’instant dans l’impasse même si la mise en marche de la machine communautaire et de ses ramifications, notamment au niveau de la chambre de commerce peut faire changer la donne. Mais Muriel est bien décidée à se lancer dans son nouveau projet, quitte à mettre la clé sous la porte. Les prochains mois seront donc décisifs non seulement pour l’avenir du bar-tabac mais aussi de la vitalité de la commune.

Contact : 02.97.93.18.30 ou auprès du service de développement économique de la CCVOL : 02.97.75.27.28 eco@ccvol.com

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L’été la terrasse du bar est pleine à craquer
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Une cuisine aux normes
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Une salle accueillante

 

 

 


'Missiriac. Pourquoi le bar-tabac risque de disparaître' a 7 commentaires

  1. 14 octobre 2016 @ 7 h 30 min SM

    Effectivement, on se rend compte que ce qui bloque les rachats et transmissions, ce sont les financements des banques… Alors la solution la plus simple ne serait elle pas la suivante :
    1- le vendeur et la CCVOL fixent un prix de revente
    2- le vendeur et la CCVOL font un choix de candidat parmi les acheteur
    3- la CCVOL emprunte et négocie le meilleur taux à une banque et récupère des subventions (européennes, mais pas seulement…) qui permettront de develloper l’activité existante,
    4- l’acheteur devient acquéreur, mais au lieu de rembourser la banque, elle rembourse la CCVOL.

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    • 15 octobre 2016 @ 7 h 25 min Encore des impôts!!!!

      Les subventions européennes sont de toutes les façons des impôts alors ras le bol de payer.
      Si je n’ai pas les moyens de m’acheter quelques choses j’attends.

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      • 16 octobre 2016 @ 10 h 50 min DAN56

        dans un premier temps la ccvol n’est pas une banque elle n’est pas là pour “acheter” les entreprises en difficultés
        2ème/ là ,la personne de Missiriac ne veut pas ACHETER mais VENDRE!!!

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        • 17 octobre 2016 @ 9 h 25 min SM

          Il est indiqué dans l’article, que le vendeur a eu un ACHETEUR, mais que le dossier n’a pas abouti (faute de financement).
          Il s’agit d’un commerce qui créer de la vie et du lien dans un bourg. Aujourd’hui, je pense que ça a de l’importance. Trop de personnes se trouvent isolées… La CCVOL a peut être un rôle à jouer dans la transmission de ce commerce. J’apportais une possible solution.

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  2. 14 octobre 2016 @ 21 h 18 min epicier arabe

    La ccvol ne doit pas financer un projet privé, à Missiriac un autre commerce vit bien , la crêperie dont je ne suis

    pas client ;à moins d’embaucher un employé municipal pour tenir ce commerce il faut dire que
    les fonds de commerce de ce type n’ ont aucune valeur à l’image de leur sens de l’accueil….

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    • 15 octobre 2016 @ 7 h 28 min SM

      Dans mon commentaire, pour la ccvol il ne s’agirait pas de financer, mais d’épauler un futur repreneur.

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    • 21 octobre 2016 @ 12 h 16 min DB

      Quand on a des commentaires aussi négatifs envers ces lieux aussi importants que sont les commerces de bourgs, on emprunte pas un surnom mais on s’affirme par la franchise… Et à Missiriac ce ne sont pas un mais 2 commerces qui font vivre la communes et ses habitants …. Qui a parlé de difficulté? Comment affirmé que la crêperie vit bien (qui sous-entend que le bar non!!?) quand on est pas client? … Tout le problème du téléphone arabe qui amplifie et déforme les informations parfois tellement à grosse échelle …… ! Ces lieux sont si importants pour le social et la vie d’un bourg !

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